Les backstage du 4 Sans ne bénéficiant pas d'une très bonne acoustique, nous avons préféré transposer à l’écrit notre petite interview de Boom Bass, moitié du mythique binôme de Cassius.
Qu’est-ce que tu fais au 4 Sans ?
En fait depuis quelque temps, à peu près un an et demi, je fais le DJ tout seul. Tout ça c’est nouveau pour moi. Avec Philippe, on a toujours tout fait ensemble. Mais maintenant j’ai envie d’essayer de nouvelles choses, et je me rends compte que mixer j’adore ça ! Si on me demande de mixer 5 heures c’est clair que je mixe 5 heures! Pour te dire que j'aime trop ça quoi. Partager les disques que j’aime avec les autres c'est vraiment mortel. C'est une belle découverte pour moi.
Parlons de Cassius, raconte-moi pourquoi créer un label à votre nom et comment ça s’est passé?
En fait on a commencé par quitter Virgin, notre ancien label, pour ensuite monter notre propre label : Cassius Records. L’EP « Youth, Speed, Trouble, Cigarette » est donc le premier à être sorti sur notre label, suivi d’un EP de remixes du même morceau. Le but de tout ça c’est de pouvoir sortir ce qu’on veut quand on le veut, sans avoir à obéir à des impératifs de maison de disque. C’est clair que c’est un gain de liberté, mais par la même occasion on découvre aussi qu’il y a des limites à être totalement indépendant et que monter son propre label c’est pas une mince affaire. Mais nous on adore ça, on apprend plein de choses et c’est vraiment intéressant. C’est une étape dans notre carrière en fait.
Et quels sont les futurs projets de Cassius Records?
Pour l'instant on a sorti ces deux EP et maintenant on a un ou deux projets à sortir, certainement un nouveau maxi de Cassius, puis un maxi de deux petits jeunes qui font de la musique un peu plus minimale mais qui nous plait beaucoup. Et surtout notre gros projet c'est le nouvel album de Cassius. On est en train de composer plein de nouvelles chansons, tout ce qui nous passe par la tête, et après on fera le tri pour en faire un album. On est à fond quoi... Et cet album sortira normalement sur Cassius Records mais certainement à travers un plus gros label pour nous faciliter la tâche.
Va-t-on retrouver dans cet album des collaborations prestigieuses comme dans « 15 again » ?
A vrai dire pour l’instant on ne sait pas trop. On aimerait bien refaire quelque chose avec Pharrell et on sait qu'il est assez ouvert sur l'idée donc on verra... Mais pour l’instant ce qui est sûr c’est qu’on va essayer d’y mettre moins de chansons pour vraiment ne garder que le meilleur. En même temps, on dit ça mais on a déjà 3 ou 4 morceaux sur le feu... Donc voilà, normalement ça devrait sortir pour septembre, en tout cas on l’espère. Mais on aura un maxi avant l'été, ça c'est sur!
Par rapport à ton camarade Philippe Zdar qui aime bien produire les gens (Phoenix, The Rapture…), on a l’impression que toi ça ne t’intéresse pas plus que ça…
Je pense que ça s’explique par le fait que Philippe aime bien diriger les gens et qu’il est fort pour ça. Alors que moi je suis plutôt associable, trop renfermé sur moi-même pour pouvoir m'occuper de la musique d'un autre groupe. Pourtant je pense que je pourrais être un bon producteur mais il faudrait que je sois avec quelqu'un, pas tout seul. Peut-être quand je serais plus vieux… En fait pour l'instant, je préfère me concentrer sur mes productions personnelles. Tout ce que je veux c’est faire de la musique, et puis le reste on verra plus tard.
Et tes projets personnels ?
J'ai un remix de Breakbot pour Ed Banger qui devrait sortir bientôt et un autre pour les Crookers. Lui je ne sais pas trop quand il sortira parce que c'est eux qui s'en occupent, mais je pense très bientôt. Et puis à tout ça s'ajoutent les projets pour Cassius. Mais maintenant j'ai de plus en plus envie de faire mon truc à moi.
Comment vous gérez votre relation de travail avec Philippe ?
On évolue séparément mais bizarrement toujours ensemble. Il est tout le temps dans ce que je fais et je suis tout le temps dans ce qu'il fait. En fait on a toujours eu besoin de l'avis de l'autre. On touche à pas mal de choses tous les deux et du coup on se complète. C'est une amitié qui dure depuis 20 ans, une confiance réciproque. On s'influence beaucoup l'un l'autre.
Et la relève, vous en pensez quoi ?
C’est clair que pour nous la relève est là. Et ça nous fait plaisir parce que mine de rien ça fait un bout de temps qu’on fait de la musique et maintenant on peut partager notre expérience avec la nouvelle génération. Par exemple, dernièrement on a fait un super groupe qui s'appelle CLUB 75 avec Justice, Pedro Winter et DJ Medhi. On fait des soirées ensemble, on en a fait une à Paris, une à Ibiza. On en fait peu mais à chaque fois c'est un gros bordel et on se marre bien. Nous on a notre histoire, eux ils ont la leur, et mélanger tout ça c'est super excitant! En réunissant plusieurs générations, on a finalement l’impression d’offrir aux gens une sorte de synthèse de l’histoire de la musique électronique française. Et on adore cette idée là.
